Sophie Brones

Position actuelle

Maître Assistant titulaire à l'École nationale supérieure d'architecture de Versailles.

Page personnelle : http://www.versailles.archi.fr/index.php?page=enseignants&rubrique=fiche&id=222

Courriel : sophie.brones@versailles.archi.fr

 

Postdoctorat LabexMed - Fondation Gerda Henkel

Accueillie à l'Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (IDEMEC, UMR 7307), Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme. 

 

Projet de recherche

L’archive photographique entre patrimonialisation et promotion d’un art contemporain : le fonds de SOLIDERE sur la reconstruction de Beyrouth

Ce projet est consacré aux archives photographiques de la société foncière SOLIDERE en charge de la reconstruction et du développement du centre-ville de Beyrouth après la guerre civile (1975-1990). Après avoir exproprié la plupart des anciens ayants droits de l’ancien centre économique et culturel d’avant-guerre, la société foncière privée dont Rafic Hariri était le fondateur et l’un des principaux actionnaires remodela profondément le tissu du quartier. Près de 80% de son ancien tissu, en ruines ou non à l’issue des conflits, fut démoli et la société foncière projeta dans le quartier un urbanisme de style international constituant le cadre de nouvelles pratiques associées au tourisme, au commerce de luxe et aux affaires. Une patrimonialisation de quelques bâtiments et îlots préservés fut aussi mise en œuvre : des sites archéologiques furent aménagés, reliés dans un parcours touristique, contribuant ainsi à la production d’un récit historique sur les diverses généalogies culturelles de la ville (de l’Antiquité à la ville contemporaine, de la ville chrétienne à la ville islamique). Cette valorisation des témoins architecturaux de l’histoire ancienne se fit toutefois au détriment des mémoires collectives associées au quartier, comme le symbolise l’effacement systématique des traces de la guerre sur le bâti. Depuis le début des années 2000, la forte spéculation sur le foncier des quartiers péricentraux entraîne la disparition des bâtiments anciens au profit d’une exploitation maximale des parcelles et, dans un tel contexte, la société foncière est érigée en un modèle de préservation patrimoniale en raison de la cohérence de son projet urbain et de l’harmonie qui caractérise le paysage du « nouveau centre-ville ». La mémoire de ces transformations urbaines a été consignée dans une archive photographique produite et gérée par la société foncière elle-même. Elle constitue l’objet principal de la présente recherche. Deux corpus principaux, une « documentation photographique » et des photographies « de style documentaire », ont été produits depuis 1993 par des photographes locaux et d’autres, étrangers, et de renommée internationale (Basilico, Depardon, Frank, Koudelka, Elkoury, Burri, etc.). Ces photographies, organisées en archive et utilisées dans la production éditoriale florissante de la société foncière, sont interrogées au prisme de sa politique urbaine et patrimoniale, mettant en lumière le nouveau statut d'entrepreneur culturel qu'elle acquiert ainsi dans le paysage culturel local et régional. Mon enquête, dans cette phase initiale, porte plus précisément sur les usages de l’archive : son organisation, la place accordée aux différents types d’images et les discours qu’elles suscitent, qu’ils soient oraux, écrits ou codifiés dans l’indexation elle-même. Elle interroge aussi les procédés de numérisation et à travers eux la valeur accordée aux originaux, à la matérialité et à la virtualité d’un patrimoine désormais numérique et constitué d’images d’un quartier en évolution constante et d’événements révolus. L’image photographique, instituée comme document fondateur d’une nouvelle histoire urbaine, est ici instrumentalisée à des fins de légitimation d’une politique urbaine fortement contestée. Pour autant, à travers cette valorisation par la société foncière, le statut de la photographie s’en trouve probablement changé, et avec lui celui du photographe, à la fois observateur, artiste, et témoin de son temps. 

Discipline

Anthropologie

Domaines de recherche

Anthropologie urbaine ; anthropologie visuelle ; anthropologie des institutions culturelles au Moyen-Orient ; études photographiques ; production des patrimoines culturels dans l’Orient arabe

Parcours académique

·         2013-2014 : Chercheuse post-doctorante, MMSH, Aix-Marseille Université – Gerda Henkel Stiftung (IDEMEC)

·         2012-2013 : Chercheuse post-doctorante programme SYSREMO (Université Rennes 2)

·         2012-2014 : Maître-assistant associée à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles

·         2010-2011 : Chargée de cours à l’université Paris 3 Sorbonne nouvelle

·         2009-2010 : Chargée de TD à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense ; Chargée d’enquête/collecte au Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM, Marseille)

·         Depuis 2010 : Chercheuse associée à l’Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain (IIAC, EHESS-CNRS), équipe du Laboratoire d’anthropologie urbaine

·         2007-2010 : Doctorante et coordinatrice du programme de recherches Liban, mémoires de guerres (ANR, Institut français du Proche-Orient/Université Saint-Joseph, Beyrouth, Liban

·         2006-2007 : Chargée d’études au sein du programme Architecture dans la mondialisation de l’Institut National d’Histoire de l’Art, Paris (INHA)

Cursus

·         2010 : Doctorat en anthropologie, université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, Beyrouth et ses ruines (1990-2010). Une approche anthropologique ; sous la direction de Jean-Charles Depaule.

·         2002 : DESS « Villes, architecture et patrimoine : Maghreb et Proche-Orient », Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville

·         2001 : DEA en archéologie, université Paris 4-Sorbonne – Université de Rome La Sapienza, Rome (Programme Erasmus), sous la direction de François Baratte.

·         2000 : Maîtrise d’archéologie, université de Paris 4-Sorbonne, sous la direction de François Baratte.

·         1999 : Licence d’histoire de l’art et d’archéologie, Université de Paris 4-Sorbonne.

·         1995 : Baccalauréat, Lycée Fénelon, Paris.

Publications

Articles à paraître :

• « Le présent du patrimoine ou le décentrement des anciens ayants droit dans la reconstruction du centre ville de Beyrouth », dans C. De Saint Pierre (dir.), La ville patrimoine, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, à paraître en 2014.
• « Bachoura, biographie d’un quartier en transition au centre de Beyrouth », Tempora, (à paraître en 2014). 

Articles publiés dans des revues à comité de lecture :

• « Khandaq al-Ghamiq. Memórias de um bairro em ruína no centro de Beirute », História Unisinos, volume 15, n°3, sept.-dec. 2011.
• « Villes et architectures des terrains ex-coloniaux des XIXe et XXe siècles. Enquête sur la bibliographie du Maghreb et du Proche-Orient », Nouvelles de l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA), n°32, juillet 2008, p. 16-18.
• Avec Duvette, C., « Le fort d’El-Deir, Oasis de Kharga. « État des lieux » architectural et archéologique », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale (BIFAO), n°107, 2007, p. 5-42. 

Actes de congrès avec comité de lecture :

• « Le patrimoine beyrouthin "au pied du mur". Iconographie d’un projet architectural », dans P.-Y. Le Pogam et M. Plouvier, Représenter la ville : entre cartographie et imaginaire (édition électronique d’une partie des actes du 137e Congrès du CTHS, 2012, en ligne : http://cths.fr/ed/edition.php?id=6687
• « La fabrication du patrimoine beyrouthin », dans Habib Saidi et Sylvie SAGNES (dir.),  Capitales et patrimoine à l’heure de la globalisation, Québec, Presses de l’université Laval, 2012, p. 123-144.
• « The Beit Beirut Project : Heritage Practises and the Barakat Building », dans PEDRO SCHWARTZ, P., MEJCHER-ATASSI, S., Archives, Museums and Collecting Practises in the Modern Arab World, Londres, Ashgate, 2012, p. 139-155.

Chapitres d’ouvrages collectifs

• « The Beirut Photographic Mission (1991) : an Alternative Heritagization of the Old City Center ? », The Modern Heritage Observer, 2013, pp. 44-47. http://issuu.com/modernheritageobservatory/docs/moho_publication_en-digital-per_pag#embed
• « Khandaq al-Ghamiq ou la mémoire en ruines », dans Franck Mermier, Christophe Varin (dir.), Mémoires de guerre au Liban (1975-1990), Arles, Actes Sud, 2010, p. 441-458.
• « Ruines en attente », dans Franck Mermier, Christophe Varin (dir.), Mémoires de guerre au Liban (1975-1990), Arles, Actes Sud, 2010, p. 459-477.
• « La céramique des nécropoles Nord et Nord-Est», dans F. Dunand, R. Lichtenberg, J.-L. Heim, F. Letellier, G. Tallet et S. Brones (collaborateurs), El-Deir : nécropoles II ; Les nécropoles Nord et Nord-Est, Paris, Cybèle, 2010, p. 173-182 et 377-384.
• « La céramique de la nécropole sud », dans F. Dunand, R. Lichtenberg, J.-L. Heim, F. Letellier et S. Brones (collaborateurs), El-Deir : nécropoles I, Paris, Cybèle, 2010, p. 179-190. 

Comptes-rendus d’ouvrages

• « Kanafani-Zahar Aïda, Liban, la guerre et la mémoire, Presses Universitaires de Rennes, 2011, 260 p. », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée [En ligne], Lectures inédites, mis en ligne le 02 mars 2012, consulté le 02 mars 2012. URL : http://remmm.revues.org/7516 

Rapports de recherche (inédits)

• S. Brones, Les enjeux du patrimoine et des musées dans les villes émiriennes, Rapport de recherche, Paris, 2011.
• S. Brones, La recherche-collecte de la campagne « métiers et communautés dans l’espace urbain » du MuCEM, Beyrouth, Liban, 2009.

Post-doctorants 2013
Sophie Brones