Musa SROOR

Musa Sroor

Musa Sroor

Historien

Associate Professor à Université de Birzeit, Palestine

Chercheur invité LabexMed au laboratoire TELEMMe du 2 mai au 22 juin 2019

 

Domaine de recherche

Musa Sroor a obtenu son doctorat en 2005 à l'Université Aix-Marseille en France sous la direction de Randi Deguilhem. Depuis lors, il est ‘Associate Professor’ à l’Université Birzeit - Palestine, où il enseigne l’histoire contemporaine. Il était le directeur du département d’histoire et d’archéologie de l’Université de Birzeit et directeur du programme de Master  en histoire  entre 2007-2011 et 2015-2018. Ses recherches concernent l’histoire du proche orient et notamment  l'histoire socio-économique et Juridique de Jérusalem pendant la période ottomane, et la question des waqfs.

Projet de recherche au laboratoire TELEMME dans le cadre de LabexMed

Certains travaux publiés sur la période ottomane du Proche-Orient (dont quelques-uns signalés ci-dessous) traitent l’impact de la politique des Reformes ottomanes du 19e siècle, les Tanzîmât, sur cette région de la Méditerranée orientale. Ces écrits-là situent le développement de la pensée politique des savants religieux (ulémas) du Proche-Orient vis-à-vis de l’influence de la pensée européenne, en particulier, à l’égard des idéaux et des principes de la révolution française.

Or il faudrait dépasser ce regard facile qui efface les nuances et les différences locales et socio-économiques. En effet, en ce qui concerne ce projet LabexMed, qui s’inscrit dans une recherche approfondie, il est nécessaire d’analyser la nouvelle politique ottomane menée dans le cadre des Réformes des Tanzîmât (1839-78) qui créé, à cette époque, un système éducatif public sur tout le territoire de l’Empire ottoman. Ainsi est créé un dense réseau d’écoles publiques dans les provinces africaines, asiatiques et européennes de l’Empire. Le terme, sécularisation, est parfois prêté à ce réseau d’écoles qui s’étale du primaire jusqu’au lycée sans oublier les universités créées à la fin du 19e et début du 20e siècle à Istanbul, à Damas et ailleurs dans l’Empire. Souvent, à tort, on positionne ce réseau en opposition au système traditionnel religieux musulman composé des écoles coraniques (kuttâb) et les écoles plus avancées (madrasas). En réalité, les jeunes ont souvent fréquenté les écoles des deux systèmes, produisant des savants dans tout le territoire ottoman pendant la période des Réformes.

En revenant aux sources de première main comme les biographies, les mémoires et les journaux de la période : al- Muqatam, al-Manâr, Sûriyya, al-Bâshîr, Filastîn, al-Karmil etc., on constate qu’il y avait un sentiment qui liait les gens au territoire ce qu’on peut qualifier comme proto-national et une pensée politique qui s’est exprimée chez les élites et les savants religieux de la région du Proche-Orient (la Grande Syrie), dès l’arrivée des Ottomans au 16e siècle, sous forme des conseils (nasîhâ) politiques auprès des sultans.

La problématique de ce projet se fixe sur les questions suivantes :

Comment la pensée politique des élites religieuses est née et évolue pendant les trois siècles de la période ottomane ?

Comment ont-ils réfléchi la présence ottomane et quelle sont les manières par lesquelles ils ont exprimé leurs attitudes au niveau politique ?

Quelle était la réaction des Ottomans vis-à-vis de ces attitudes ?

De quelles classes socio-économiques et intellectuelles viennent-ils ces élites et savants ?

L’objet de ce projet vise à étudier les raisons et les conditions historiques de la naissance de la pensée politique chez l’élite de la Grande Syrie. En cela, il vise à déterminer les évolutions du mode opératoire de l’activité politique à cet égard qui commençait à s’exprimer par des conseils mentionnés ci-haut qui donnaient lieu aux activités politiques et, plus tard, à la construction des parties politiques qui, à terme, se sont exprimées par des révoltes.  


 

Publications récentes

2018    “Al-Siyyast al-khârijjiyya al-faransiyya tujâh awqâf al-maghâriba fî al-quds” ; (The French foreign

                policy towards the Magribine waqfs of Jerusalem ), in Jerusalem waqfs, Jerusalem. Pp.  320-

                 340. (in Arabic).

2018     “The Waqf and Building the Cities: The Old City of Jerusalem as a Case Study”. in  Comparative

                 Study of the Waqf from the East: Dynamism of Norm and Practices in Religious and Familial

                Donations. Tokyo, Japan: Toyo Bunko, Oriental Library. Chapter II.

2017-8     “Le contentieux franco-israélien à propos des biens waqfs maghrébins à Jérusalem 1948-1962’’, Annuaire Droit et Religions, Université d’Aix-Marseille, vol. 9, 2017-2018. Pp. 25-45

2017          “The Question of the Privatization of Jerusalem Waqf Land: The Land of   Bethlehem and Beit-Jala as a Case Study since 1950”, Bulletin of Palestine Studies, Issue 2, Winter 2017.  Pp. 76-102

2017 “ La propriété immobilière des femmes musulmanes de Jérusalem(1831-1841) : entre la reconnaissance et la spoliation”, HAWWA : Journal of Women of the Middle East and the Islamic World, Brill, Leiden, n° 15/ 2017. Pp. 31-50

2016          “Les waqfs chrériens et juifs à Jérusalem aux XIXe siècle : étude analytique, critique et comparative’’, in Sabine Saliba (ed.), Les fondations pieuses waqfs chez les chrétiens et les juifs : du moyen âge à nos jours, Paris : Geuthner. Pp. 215-33

Conférences

Mardi 21 mai, 10h30-12h30. “La Palestine, une question ?: Retour sur les écrits des ulémas du proche orient au début du 20ème siècle“. IREMAM : Séminaire de recherche : « Spatialités et temporalités palestiniennes, MMSH, salle André Raymond. Aix-Marseille Université.

Date à venir. “ Femme, droit de proprité et usage de waqf à Jérusalem à la fin de l’époque ottomane“ . Les Jeudis du genre AMU : Séminaire de recherche interdisciplinaire, Site Schuman Maison de la Recherche, Aix-Marseille Université.